Mais je sais surtout que les services officiels rencontreraient moins de difficultés et seraient moins timorés pour les surmonter si l’opinion publique n’était pas le plus redoutable des obstacles. En 1947, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’URSS décident de fixer au 31 décembre 1948 l’échéance pour le rapatriement de l’ensemble des PGA ainsi que de mettre en place un Conseil de Contrôle[387] réunissant les quatre puissances. Il convient dans ce cas de demander aux travailleurs allemands d'opter pour une autre profession pour laquelle il y a pénurie de travailleurs ou bien de prendre contact avec vos collègues voisins [des autres départements] pour procéder à des mutations »[417]. Un dossier contenant les documents relatifs à l’existence de ces très petites filières d’évasion montées par des travailleurs libres en 1947 et 1948 est consultable dans l’un des versements conservés aux archives nationales[205]. C’est ce qui ressort du témoignage de plusieurs PG[176]. Pour ce faire, ces commandos de PG doivent remplir à trois critères : Mais la suppression des commandos communaux n’est, dans les faits, que de courte durée. Landser : l'équipement du soldat allemand 1939-1945, Augustin Saiz, Heimdal Eds. Or, au XXe siècle, un certain nombre d’événements – parmi lesquels la Seconde Guerre mondiale – contribuèrent à ébranler cette identité forgée par et axée autour de l’État. L’environnement confiné de l’armée était probablement plus propice à ces dérives. Archives nationales contemporaines de Fontainebleau (archive citée par Grégory Philippe), 770623/88, Courrier du Ministre des Affaires étrangères au Ministre du Commerce, de la Reconstruction et de l'Urbanisme, 24 juin 1947. Les états-majors français et alliés étaient présents et les principaux points d’achoppement portèrent sur l’évaluation du nombre des PG livrés (le dénombrement et la définition des « inaptes » posa particulièrement problème) et la question de l’équipement : les Français réclamèrent en vain l’envoi de matériels par les autorités américaines. C’est l’Église catholique dans son ensemble qui tend à désapprouver l’attitude française : le Pape a lui-même demandé la libération de tous les prisonniers au cours d’une allocution, le 1er juin 1946. Il n’en reste pas moins que cette question des PG démineurs continue de provoquer de très fortes tensions au cours des semaines suivantes. Sans leur accord, le Travail libre, autrement dit la reconversion de prisonniers allemands en salariés étrangers sur la base du volontariat, n’aurait pu voir le jour. Après la bataille de Tunis, les autorités françaises ont à charge 65 000 prisonniers de guerre dont 25 000 Allemands[13]. Qui décide et qu’est-ce qui motive précisément le revirement des autorités américaines quelques jours plus tard ? Aucune de ces mesures n’a cependant été suivie, à l’exception du renforcement de la structure médicale[117]. Archives nationales contemporaines de Fontainebleau (archive citée par Grégory Philippe), Côte 770623/90, Courrier du ministre des Forces armées au ministre du Travail, 28 janvier 1948. Ce n’est là néanmoins un point de vue étayé par aucune source. Quant à la droite, elle n’existe plus : l’assimilation à Vichy reste trop forte. 58 000 optants ont été affectés à l’agriculture et répartis sur l’ensemble du territoire français – ce nombre ne surprend pas au regard des priorités économiques –, 18 000 à l’extraction minière et 10 000 à la métallurgie et aux industries dérivées. Se doit d'être évoqué un exemple émouvant. Preuve en est, les travailleurs libres sont autorisés à faire venir leur famille en France. Ce climat « insurrectionnel » est attisé par les communistes. Il est vrai que la tension sociale reste très vive en 1947-1948. Les années 1947 et 1948 ont été celles de la libération progressive des PG. Les autorités militaires craignaient notamment que leur moindre prédisposition à des travaux manuels et leur plus grande exposition à l’endoctrinement nazi soient un frein à l’intégration sociale[442] ; cela ne les empêche néanmoins pas d’approuver in fine, quelques mois plus tard, la transformation, à titre exceptionnel, d’officiers en travailleurs libres. Archives du ministère des affaires étrangères (Paris) (archive citée par Grégory Philippe), Z 22, courrier de la Direction des unions (ministère des Affaires étrangères) au Comité international de la Croix-Rouge (division des PG et des internés civils), 20 novembre 1945. En conséquence [dans un tel cas, il leur faut] rester ici et attendre jusqu’à ce que, à l’occasion, le cas s’élucide ou ne nécessite plus de témoins »[370];. C’est en 1943 en Afrique du Nord (AFN) que les alliés capturent, pour la première fois, un grand nombre de prisonniers de guerre : 250 000 hommes après la capitulation de Tunis[13]. On était là à se toiser quand il s’écria : « Elle se remémore particulièrement, le premier contact en tenue de l’armée allemande, totalement démunis (aucun change) et leurs corps parsemés de nombreux anthrax et parasites. Pourtant les prisonniers pensaient que comme (…) ils mourraient de faim, il était préférable de signer. D’après elle, du fait des manquements des autorités françaises à leurs obligations, 200 000 PG sous-alimentés seraient devenus « inaptes » et de fait, condamnés à une mort probable durant l’hiver – c’est bien entendu très exagéré – mais il est moins improbable que, comme l’affirment certains journaux, ce ne soit pas moins de 600 000 prisonniers qui aient manqué de vêtements. Dès l’été 1945, le problème de la garde est signalé aux autorités. Mais c’est à partir des côtes normandes que les troupes alliées ont entamé la Libération de la France. Pour évoluer, s’adapter aux impératifs et aux besoins des temps nouveaux, l’identité collective fait nécessairement appel à la mémoire collective et à la puissance de ses symboles ; elle se réappropriant le passé. Archives départementales du Nord (Lille) (archive citée Grégory Philippe), 27W38361/1, rapport destiné à la Sûreté nationale (« Source Directe Valeur Sûre »), 2 novembre 1945. Un prisonnier allemand, même allemand, est un être humain ». C’est lui qui avait à charge de représenter et de défendre ses pairs. Les relations étaient donc confiantes et le travail était partagé en bonne intelligence. Ce prêtre était l’un de ceux qui participèrent à la création de l’unique séminaire catholique destiné aux PG dans un camp situé non loin de Chartres. Le rapport du Comité international de la Croix-Rouge de 1948 note néanmoins que la nourriture serait insuffisante pour permettre le bon rétablissement des accidentés. « La première est de l’ordre du refoulement et du retour du refoulé (...) ; la seconde désignerait la mémoire artificielle construite par la propagande d’États totalitaires ». Ces hommes ont connu la guerre pendant de longues années, une guerre dont la captivité a constitué le prolongement. Les exemples de prisonniers sereins entretenant de bons rapports avec la population française, en-dehors de tout cadre contraignant comme celui précédemment évoqué, ne sont néanmoins pas rares. Pourtant, il est indéniable que cette prise de conscience a marqué le début d’une amélioration des conditions de vie des prisonniers. Archives nationales contemporaines de Fontainebleau (archive citée par Grégory Philippe), cote 770623/86, Courrier du ministre du Travail au délégué général du Comité international de la Croix-Rouge, 3 octobre 1949. C’est à cette même période, en 1944-1945, que le taux de mortalité des prisonniers détenus en France est le plus élevé : cette période regroupe à elle seule les trois quarts des décès pour la période 1944-1948. Beaucoup de camarades se sont laissés prendre et j’ai presque envie de me joindre à eux, mais un camarade plus âgé que moi me le déconseille et je reste »[238]. Surtout, la Sarre est intégrée d’un point de vue douanier et monétaire dans l’espace économique français. Le ministre du Travail craignait que le libre choix entrave les placements de travailleurs dans les secteurs économiques prioritaires ; le ministre de la guerre craignait, pour sa part, que le placement imposé chez un employeur démotive un certain nombre de candidats et reçoive le veto des autorités américaines. Un certain trait d’état d’esprit ressort des archives : aux yeux de certains Français, rien ne peut égaler la qualité du travail fourni par les prisonniers allemands. Ainsi en 1948, plus aucun dépôt n’est dénoncé par le Comité international de la Croix-Rouge : celui-ci estime que 91,5 % d’entre eux présentent des conditions de vie satisfaisantes[306]. Il va sans dire que la motivation première des engagés résidait dès lors dans l’accès à un confort de vie plus satisfaisant. C’est ici, en nous privant de nourriture au maximum, que les Français recrutaient des volontaires pour la Légion étrangère en promettant de l’argent, la liberté, des vivres à volonté, etc. Archives départementales du Nord (Lille) (archive citée Grégory Philippe), 27W38361/1, note au commissaire de la République de Lille, 15 mars 1946. Il aborde d’abord la question du déminage. Shipping and handling. Archives nationales contemporaines de Fontainebleau (archive citée par Grégory Philippe), Côte 770623/85, Courrier du ministre du Travail aux préfets, inspecteurs divisionnaires du travail et de la main-d’œuvre, directeurs départementaux du travail et la main-d’œuvre, « Transmission à l'Administration Centrale de certains dossiers rejetés par la Commission de criblage », 8 novembre 1947. J-P. Louvet, op. Archives nationales contemporaines de Fontainebleau, 770623/88, Courrier du ministre du travail au Ministre du Commerce, de la Reconstruction et de l'Urbanisme, 25 juin 1947. Il cite les cas de deux camps : dans celui de Méricourt, durant la période comprise entre le 10 et le 23 août, 157 kg de viande seulement ont été reçus sur les 1 900 kg prévus, il manque quotidiennement 500 kg de farine pour le pain et depuis le 20 août, seuls 490 kg de matière grasse ont été reçus au lieu des 675,5 kg prévus ; le camp d’Hénin-Lietard, lui, n’a pas reçu de viande depuis une quinzaine de jours. La question du ravitaillement ne sera, du reste, pas résolue avant 1946, mais il ne faut pas oublier que la pénurie alimentaire fait alors partie du quotidien des Français et des civils allemands. Cet accord du 12 mars est intervenu après que les États-Unis aient de nouveau demandé aux autorités françaises de libérer les 450 000 prisonniers maintenus en captivité qu’ils ont livrés, en fixant l’échéance au 1er octobre 1947[465]. Günter Pengel relate ainsi, dans son témoignage, un événement qui s’est produit durant le transport en train vers le camp de Rennes, camp encore géré par les autorités américaines à son arrivée[112]. nécessaire]. Preuve des limites du programme de rééducation allié, à l’issue de la guerre, 60 à 70 % des PGA sont considérés comme « gris ». Il est vrai qu’avant-guerre les sociétés charbonnières étaient d’une part trop nombreuses et d’autre part à la traîne dans le domaine de l’innovation technique. Les autorités savent que d’ici un an il n’y aura plus aucun PG et elles jugent probablement nécessaire d’en faire prendre conscience et d’y préparer les agriculteurs. cit, page concernée. Rien ne s’ensuivit. On dénombre alors, en Afrique du Nord, 65 000 prisonniers de guerre dont 25 000 Allemands. Le nombre de PG placés en dépôts culminera en octobre 1947, notamment du fait de ceux en instance de libération, avec un nombre de 90 351 captifs qui y seront stationnés ; ce nombre diminuera progressivement par la suite[283]. Le total des recettes se monte ainsi à près de 20 milliards [de francs]. Il s’agit probablement, en premier, d’inciter davantage de prisonniers à se porter candidat à l’extraction minière en tant que travailleur libre, en leur offrant un avant-goût de ce que seraient les meilleures conditions de travail dont ils bénéficieraient en tant que salarié. Or ce dernier se risque à écarter le PCF du nouveau gouvernement, provoquant l’ire des milieux communistes. Plus sérieusement, on soupçonne constamment la mise en place de véritables filières d’évasion[203], avec la complicité des Polonais d’origine allemande, les « Volksdeutsche », nombreux à travailler dans les mines du Nord. Toujours est-il qu’en France, dès juin 1945, les autorités finissent par avoir la ferme conviction que l’emploi des prisonniers est justifié, voire indispensable. Or, ceux-ci, en raison de leur grand âge, n’ont plus toujours des souvenirs cohérents et précis. D’autres prisonniers originaires du même camp américain arrivent dans d’autres camps de la région, ceux de Danes et de Saint-Aubin. Fondé au XIXe siècle en Grande-Bretagne, le YMCA est une association d’origine religieuse à caractère social. « Le camp de Rennes en Bretagne [alors géré par les Américains] » avait une capacité totale de « 50 000 hommes (...). Dans le cas présent, le fait que ce commando ait eu pour cadre une commune très rurale a probablement contribué à un plus grand confort des PGA, ne serait-ce que par la seule présence d’agriculteurs à même de leur offrir leur propre production. Là, après avoir été de nouveau tabassé, Egon Greisner est confiné durant plusieurs semaines dans un cachot privé de lumière. Son propos, quoique emphatique et bien qu'il surestime le nombre de prisonniers amenés à travailler et leur durée de détention, permet de se faire une idée de l'état d'esprit qui était alors celui des autorités. Archives nationales contemporaines de Fontainebleau (archive citée par Grégory Philippe), cote 770623/87, Courrier du ministère des forces armées aux directions régionales de PGA, 11 mai 1948. Le ministre aborde ensuite les secteurs de la reconstruction, des travaux publics et de l’agriculture. (…) Une autre fois, sur la passerelle, à la hauteur des Sables d’Olones, j’avais à mes côtés, le chef-pilote allemand, excellent navigateur, toujours en tenue, portant ostensiblement sa croix de fer sur la poitrine. Ainsi en décembre 1945, une épidémie de typhus éclate dans un camp[123]. Mais les autres ministères font bloc et le ministère du travail répond que les commandos de PG démineurs seront progressivement réduits jusqu’à leur suppression à l’automne de cette année 1947. En août 1947, le ministre de l’Industrie informe son collègue du Travail de cet afflux de demandes de dérogation[279]. cité, Archives départementales du Nord (Lille) (archive citée Grégory Philippe), 27W38631/1, rapport du capitaine Ebeis, commandant de la section, 8 mai 1945. Aussi la région de Lille devient-elle, dans les archives, la 2e région militaire et non plus la première comme elle l'avait été jusqu'alors. L’ouvrage le plus intéressant[Interprétation personnelle ?] De telles « attaques » sont probablement loin d’être des cas isolés. Archives nationales contemporaines de Fontainebleau, Côte 770623/86, Note du Ministère de la Santé et de la Population, « Emploi des Travailleurs libres », 16 décembre 1947, Archives nationales contemporaines de Fontainebleau, Côte 770623/84, Destinataire et expéditeur inconnus, « Instruction du gouvernement français destiné[e]s aux PGA, non daté (. Toutefois, les critiques ultérieures de la communauté internationale prendront dorénavant une nouvelle dimension : ce ne seront alors plus les conditions de détention qui seront mises en cause mais le principe même de la captivité de ces centaines de milliers d’hommes. Mais le témoignage de Théo Kirtz souligne néanmoins l’inefficacité relative de ce service, tout du moins à Rennes, en 1948. Le bilan matériel est très lourd. Il va de soi que cette hypothèse est peu vraisemblable et qu’il faut plutôt y voir l’œuvre d’une politique de propagande procommuniste. Il ne peut donc que presser les commandants régionaux de procéder au nivellement des effectifs de prisonniers entre les dépôts d’une même région, à défaut de pouvoir le faire à l’échelle du territoire français[282]. Pourtant, contrairement à ce qui a pu se produire ailleurs et à d’autres époques – qu’on songe seulement à la relative indifférence internationale dans laquelle s’opéra l’extermination des juifs d’Europe – ces prisonniers allemands n’ont jamais été laissés à leur sort, bien au contraire. Archives départementales du Nord (Lille) (archive citée Grégory Philippe), 33W38804/49, courrier du Comité départemental de Libération (Comité départemental de Libération), 21 août 1945. Il est vrai que la situation est urgente : sur un groupe de 13 000 PG arrivés en août, 4 300 n’ont pas de capotes et 4 600 n’ont pas de couvertures. Les rapatriements pour raison sanitaire, les évasions, les libérations, dès 1946, de prisonniers de nationalité autre qu’allemande ainsi que de rares Allemands récompensés de leurs mérites au travail (c’est le cas de quelques prisonniers démineurs) expliquent la diminution des effectifs jusqu’en 1947. Néanmoins, tous les droits et devoirs des PG sont clairement mentionnés dans la convention de Genève de 1929, une Convention que la France s’est engagée à respecter. Personne ne craignait notre fuite, personne ne l’a tentée »[231]. Le chiffre impressionne. Je peux rentrer. Néanmoins, cette situation est probablement et inévitablement inhérente à tous les conflits, passés ou contemporains. Durant trois années, il est fréquent de voir des prisonniers en liberté dans les villes, et ce au mépris des règlements. La raison la plus vraisemblable tient probablement aux accointances, réelles ou supposées, du CALPO avec les communistes. Il s’agit de ceux affectés aux commandos communaux – les effectifs sont restreints – ainsi que ceux directement employés par les particuliers. Archives nationales contemporaines de Fontainebleau (archive citée par Grégory Philippe), 770810/2, note du ministre du Travail, non datée (probablement mai ou juin 1945). Pour une France blessée dans son orgueil, il était alors peut-être difficile de reconnaître qu’elle devait une partie de sa « renaissance » économique à ses anciens ennemis[Interprétation personnelle ?]. sont en effet traités dans trop de cas comme des membres de la famille, couchent à la ferme, jouissent d’un régime de nature à provoquer l’animosité de tous les Français (…). Archives nationales contemporaines de Fontainebleau (archive citée par Grégory Philippe), Côte 770623/88, Courrier de M. Guérard (Ministère du travail) au ministre des forces armées, « Essai professionnel des PG optants », 5 avril 1948. D’après les observations consignées dans de nombreux rapports de commandants de dépôts et du Comité international de la Croix-Rouge, de nombreux PG officiellement affectés au déminage ont été assez souvent utilisés, dans divers départements, à d’autres tâches par leurs employeurs[261]. La vive émotion que manifestent ces jeunes PG tient néanmoins et probablement d’abord à leur jeune âge et au choc qu’a constitué le début de leur captivité et l’inconnu de ce qui allait suivre. À la fin de la guerre, consciente que ces prisonniers sont des otages potentiels, la France tient à mettre en avant le traitement respectueux dont bénéficieraient ses prisonniers de guerre et le fait savoir en premier lieu et indirectement aux autorités allemandes. Les soldats français eux-mêmes sont sous-équipés. Les PG employés par l’armée sont notamment exposés aux risques inhérents au camp de détention et notamment à ceux que représentent certains militaires français, nous l’avons souligné dans notre étude de l’opinion publique. Le maire de la commune, qui était à l’origine de cette demande de PGA, participait aussi selon ses moyens, à l’entretien général. Archives nationales contemporaines de Fontainebleau (archive citée par Grégory Philippe), Côte 770623/86, Jean-Louis Annequin, chef d'escorte d'un convoi de PG, Extrait d'un rapport établi par le capitaine Annequin », 18 novembre 1947. À la vue d’autres sources, ces opinions « extrémistes » sont pourtant à nuancer. D’autre part, selon les milieux diplomatiques de l’époque, l’opinion américaine est fondamentalement hostile au principe du travail forcé. Précisons toutefois que l’indemnité compensatrice n’est pas appliquée au déminage : ces travaux sont à la charge de l’État et, comme le dit si bien le ministre du Travail, le Trésor public ne va pas payer ce qu’il est amené à encaisser[294]. Ce point de vue semble inexact ou à tout le moins, incomplet ; ce chiffre de 20 000 SS présents en France n'est attesté par aucune source. C’est autant de prisonniers qu’il ne fallait plus ni entretenir, ni nourrir, ni garder, ni équiper. C’est en novembre 1946 que les autorités françaises décident de mettre en place le système dit des « travailleurs libres »[307]. Après la bataille de Normandie, elles progressent assez rapidement, Paris est libéré le 25 août 1945. À l’inverse, il se souvient avoir été « rééduqué » en 1945 lorsque le camp dans lequel il était détenu demeurait sous contrôle américain. Au printemps 1948, de nombreux PG demandant à s’engager comme travailleurs libres mais pour une durée moindre qu’une année – ils savent qu’en tant que prisonniers, ils sont libérables au plus tard le 31 décembre –, le ministre du Travail ne s’oppose plus à ce que soient offerts des contrats de Travail libre compris entre 9 et 12 mois.